FX Weekly · 8 octobre 2026
Les taux longs portent le dollar, l'euro paie la France
Par Walid Qairmi, Macro Edge, rédigé par IA
Le dollar a progressé cette semaine alors que la Fed perdait des arguments : l'emploi de septembre (+29 000, révisions de -60 000) a fait reculer les chances d'une hausse en octobre, et l'indice dollar Macro Edge finit pourtant à 102,41, +3,47 % sur un mois. Les acheteurs étrangers ont pris le relais : ils ont reçu 80,3 % du 10 ans adjugé mercredi au plus haut rendement depuis 2000. La dette française suit le chemin inverse, avec un écart OAT-Bund au-dessus de 150 pb après la présentation du budget, et l'euro, à 1,1177, recule aussi contre la livre. Sur le pétrole, l'écart entre le Brent spot à 120 $ et le contrat à terme autour de 101 $ situe le choc dans le fret maritime, et le dollar canadien n'en tire rien. La suite dépend du CPI américain du 14 octobre, puis de la revue de Moody's sur la France le 23 octobre.
Dollar et Fed
Les acheteurs étrangers de Treasuries prennent le relais de la Fed
Entre le 9 septembre et le 7 octobre, l'indice dollar Macro Edge est passé de 98,61 à 102,41, et la dernière partie de cette hausse s'est faite contre le calendrier de la Fed. Le BLS a publié le 2 octobre 29 000 créations d'emplois en septembre, avec un chômage remonté à 4,2 % et des révisions de -60 000 sur juillet et août. La probabilité d'une hausse le 28 octobre, que CME FedWatch donnait déjà à 37,1 % le 30 septembre, est passée sous 25 % après la publication selon Investinglive. Les minutes de la réunion des 15 et 16 septembre, publiées mercredi, montrent que la plupart des participants jugeaient une hausse supplémentaire « probablement appropriée » d'ici la fin de l'année ; Williams et Jefferson ont depuis écarté toute urgence, et Bowman préfère ne plus monter en 2026.
Le 10 ans américain est passé de 5,24 % le 1er octobre à 5,36 % en séance le 7, avant une clôture à 5,28 %. Le même jour, le Trésor a adjugé 39 Md$ de 10 ans à 5,300 %, plus haut rendement à l'adjudication depuis novembre 2000 et 1,7 pb sous le niveau du marché gris, avec un ratio de couverture de 2,77 contre 2,52 en moyenne sur les dix précédentes. Les acheteurs indirects, essentiellement étrangers, ont reçu 80,3 % des titres, les primary dealers 2,5 %. Notre lecture est qu'à ces rendements le capital étranger revient vers la dette américaine, et que ce flux soutient le dollar même quand le pricing de la Fed recule.
Ce soutien reste fragile tant que les prix montent plus vite que les revenus. Les prix payés de l'ISM atteignent 77,9 dans l'industrie et 74,0 dans les services, plus haut depuis juillet 2022 pour ces derniers, alors que le PCE sous-jacent d'août n'a pris que 0,2 % sur un mois. Pour le CPI de septembre, TD attend +0,54 % sur un mois pour le total et +0,20 % pour le sous-jacent. Ce profil décrirait un choc importé sans transmission aux salaires. Il fragiliserait la hausse de décembre, alors que CME FedWatch donnait au 30 septembre 86,8 % de chances à au moins une hausse d'ici là, et laisserait le dollar dépendre des seuls taux longs.
% de la population active (g.), milliers d'emplois par mois (d.)
Sources : BLS (UNRATE, PAYEMS), Macro Edge Terminal (panneau CLAIMS) 01/09/2026.
% sur un an (g.), % sur un an (d.)
Sources : BLS (CES0500000003, CPILFESL), Macro Edge Terminal (panneau CLAIMS) 01/09/2026.
% sur un an (g.), % sur un an (d.)
Sources : BLS (CPIAUCSL, CPILFESL), Macro Edge Terminal (panneau OFFI) 01/08/2026.
Taux de chômage et Créations d'emplois (NFP). Les créations d'emplois de 2026 alternent entre chiffres négatifs et rebonds, et le chômage est revenu à 4,2 % en septembre après deux mois à 4,1 %. D'où le recul du pricing d'octobre : la Fed monte ses taux face à un marché du travail qui ne s'accélère pas.
Salaire horaire moyen et CPI sous-jacent. Le salaire horaire moyen ralentit depuis l'été 2025, de 3,98 % en août 2025 à 3,02 % en septembre 2026, et sa corrélation avec le CPI sous-jacent est nulle sur la période (-0,01). Aucune boucle prix-salaires n'apparaît, ce qui affaiblit l'argument d'une hausse de décembre.
CPI total et CPI sous-jacent. L'écart entre le CPI total, à 3,35 % en août, et le sous-jacent, à 2,45 %, mesure la part de l'énergie dans l'inflation américaine. Le sous-jacent a reculé depuis 2,82 % en mai : l'énergie n'est pas encore passée dans le cœur de l'indice.
Euro
L'euro paie deux primes, l'énergie et la France
Prises seules, les données de la zone euro justifieraient une BCE plus ferme. L'IPCH flash de septembre est ressorti à 3,8 % sur un an, contre 3,6 % attendu et 3,2 % en août, avec une énergie à 18,8 % et un sous-jacent à 2,5 %, conforme au consensus. Le PMI composite flash avait atteint 53,1, plus haut depuis trois ans et demi, et la France est revenue en croissance pour la première fois en dix mois. La BCE a porté son taux de dépôt à 2,50 % le 10 septembre, et Lagarde a souligné le 28 septembre, devant le Parlement européen, le risque inflationniste de l'énergie. L'EUR/USD a pourtant perdu 3,83 % en un mois et fini mercredi à 1,1177, plus bas de notre relevé.
La semaine ajoute à l'énergie une prime souveraine. Le gouvernement Lecornu a présenté le 1er octobre un budget 2027 qui prévoit environ 54 Md€ de consolidation pour ramener le déficit à 5,0 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendus en 2026. L'OAT 10 ans a brièvement dépassé 5 %, plus haut depuis juillet 2002, et son écart avec le Bund a franchi 150 pb, plus haut depuis fin 2011, contre 132 pb quelques jours plus tôt. Moody's, qui note la France Aa3 avec perspective négative et juge l'adoption du budget « très incertaine », rendra sa revue le 23 octobre. Selon FXStreet, la Banque de France juge la tension sérieuse mais estime qu'elle ne remplit pas les conditions d'une aide de la BCE : les détenteurs d'OAT n'ont pas de filet explicite.
Les rendements américains et français montent ensemble avec des effets opposés : les acheteurs étrangers se présentent aux adjudications du Trésor, alors que l'élargissement de l'écart OAT-Bund signale une demande insuffisante pour la dette française. Nous y voyons une prime de fragmentation qui s'ajoute à la facture énergétique. Elle expliquerait la baisse de l'euro contre la livre, de 0,8605 le 25 septembre à 0,8465, alors que le Royaume-Uni importe lui aussi de l'énergie. Notre biais baissier sur l'euro tient, mais une détente de l'écart OAT-Bund compterait davantage qu'un recul du baril. Le positionnement borne cette lecture : la CFTC montre une forte position vendeuse sur l'euro au 29 septembre, FXStreet cite un record de 301 000 contrats que nous n'avons pas recoupé, et une bonne nouvelle française pourrait déclencher des rachats rapides.
livres pour un euro (g.), dollars pour un euro (d.)
Sources : BCE, Macro Edge Terminal (panneau FORCE) 07/10/2026.
dollars pour un euro (g.), $ le baril (d.)
Sources : BCE, EIA (Brent spot), Macro Edge Terminal (panneau OILFX) 07/10/2026.
EUR/GBP et EUR/USD. L'EUR/USD baisse depuis le 9 septembre, l'EUR/GBP depuis le 25 : l'euro perd contre le dollar et contre la livre. Une baisse commune face à deux devises inégalement exposées à l'énergie désigne un facteur propre à l'euro, cohérent avec la prime française.
EUR/USD et Brent. Le Brent spot a culminé à 124,15 $ le 18 septembre puis s'est replié entre 117 et 120 $, alors que l'EUR/USD a poursuivi sa baisse de 1,1460 à 1,1177. Depuis fin septembre, le baril n'explique plus seul la trajectoire de l'euro.
Pétrole et CAD
Le baril pèse sur les importateurs par la mer, sans soutenir le dollar canadien
Le choc pétrolier de la semaine vient du transport. Au moins quatre navires commerciaux ont été touchés par des missiles ou des drones le week-end des 3 et 4 octobre, et le transit par Ormuz est tombé à dix navires de matières premières par jour en moyenne sur dix jours, plus bas depuis mai. L'OPEP+ n'a rien apporté : les sept pays réunis le 4 octobre ont maintenu la production de novembre, deuxième pause après quatre hausses mensuelles, et ne se reverront que le 1er novembre. Les stocks commerciaux américains ont baissé de 3,2 Mb à 424,1 Mb dans la semaine au 2 octobre, un niveau encore supérieur de 1 % à la moyenne quinquennale.
Le Brent spot de l'EIA cotait 120,03 $ le 2 octobre, +33,77 % sur un mois, alors que le contrat ICE à échéance proche se traitait à 100,87 $ le 7 octobre. L'écart avec le WTI atteignait environ 22 $ sur le spot le 2 octobre et 13,80 $ sur les contrats le 6, et le fret au départ du Golfe a touché un record d'environ 33 $ par baril. À notre sens, ce fret explique une bonne partie de l'écart entre spot et contrat : la prime porte sur le brut transporté par la mer et ne passe qu'en partie au brut coté à Cushing. Les spéculateurs ne la poursuivent pas, puisque leur position nette acheteuse sur le WTI et le Brent a reculé de 31 000 contrats, à 335 000, plus bas depuis cinq semaines, dans la semaine au 29 septembre.
L'USD/CAD est passé de 1,3768 le 9 septembre à 1,4253, en hausse quasi continue pendant que le Brent spot gagnait un tiers. Le prix qui compte pour le Canada est celui du WTI, décoté, et la Banque du Canada maintient 2,25 % face à une Fed à 3,75-4,00 %, après un emploi d'août en recul de 42 000 postes et une inflation hors essence à 2,4 %. Les spéculateurs ont vendu le CAD dans la semaine au 29 septembre. L'emploi de septembre, vendredi, puis la BoC du 28 octobre peuvent changer ce profil.
$ le baril (g.), $ le baril (d.)
Sources : EIA (prix spot), Macro Edge Terminal (panneau OILFX) 02/10/2026.
dollars canadiens pour un dollar (g.), $ le baril (d.)
Sources : BCE, EIA (Brent spot), Macro Edge Terminal (panneau OILFX) 07/10/2026.
Brent et WTI. Les deux bruts évoluent ensemble (corrélation de 0,91), mais l'écart de 21,96 $ du 2 octobre (120,03 $ contre 98,07 $) est le plus large de la série, qui commence en mars, devant les 20,6 $ du 17 avril et du 18 septembre. Il s'élargit alors que le Brent spot reste sous son pic de septembre.
USD/CAD et Brent. La corrélation entre l'USD/CAD et le Brent ressort à 0,03 : sur la période, le prix du baril ne dit rien du dollar canadien. Pour un exportateur de pétrole, ce découplage signale que l'écart de taux avec les États-Unis domine.
Japon
Le yen a rendu sa hausse, mais 158 reste une zone de danger
Le yen a fait l'aller-retour complet en un mois. L'USD/JPY est tombé de 160,16 le 1er septembre à 153,27 le 9, période pendant laquelle les spéculateurs ont basculé à l'achat de yen avant la BoJ. La banque centrale a relevé son taux à 1,25 % le 18 septembre, plus haut depuis 31 ans, mais deux voix contre ont fait lire la décision comme prudente, et la paire est remontée à 158,23 le 7 octobre. Au 29 septembre, le yen restait l'une des deux devises sur lesquelles les spéculateurs sont acheteurs nets, avec des positions en perte depuis le creux du 9 septembre.
Ueda a déplacé le débat le 6 octobre. L'inflation sous-jacente approche 2 %, et la faiblesse du yen figure parmi les trois risques haussiers qu'il cite, avec la guerre avec l'Iran et la demande liée à l'IA ; le marché ne donnait qu'environ une chance sur quatre à une hausse en octobre et vise décembre. Le Japon a vendu plus de 70 Md$ fin avril et début mai, après le passage au-dessus de 160, puis un record de 15 400 Md¥, environ 96 Md$, entre fin juillet et fin août, au-delà de 163. Le marché situe la nouvelle zone d'intervention entre 158 et 159, là où se trouve la paire.
Le risque nous paraît asymétrique. La hausse des taux américains et la facture énergétique poussent la paire, mais chaque gain supplémentaire rapproche une intervention, et la BoJ garde décembre ouvert. Un CPI américain faible ou une intervention provoquerait un recul rapide, d'autant que les acheteurs de yen n'ont pas tous soldé leurs positions.
yens pour un dollar (g.), $ le baril (d.)
Sources : BCE, EIA (Brent spot), Macro Edge Terminal (panneau OILFX) 07/10/2026.
USD/JPY et Brent. La corrélation entre l'USD/JPY et le Brent reste modeste (0,26), mais les deux montent ensemble depuis la mi-septembre, de 155 à 158 pour la paire et de 112 à 120 $ pour le Brent spot. Pour un importateur d'énergie, un baril durablement élevé dégrade les termes de l'échange et entretient la pression sur le yen.
Dette et livre
La prime de terme se paie partout, et la BoE donne à la livre un appui que l'euro n'a pas
La vente obligataire du 7 octobre a touché toutes les grandes courbes : le 30 ans américain a atteint 5,73 % en séance, plus haut depuis 2002, et le gilt 30 ans est revenu à son plus haut depuis 1998, après avoir touché 6,029 % en séance le 1er octobre. BBH y voit une hausse des primes de terme, alimentée par l'offre : le Trésor américain adjuge cette semaine 119 Md$ de titres à 3, 10 et 30 ans, et selon Apollo les hyperscalers ont levé 48 Md$ en devises européennes en 2026, trois fois plus qu'en 2025. Georgieva a rappelé que la dette publique mondiale dépassera 100 000 Md$ fin 2026 et approchera 100 % du PIB en 2030 ; le Fiscal Monitor du FMI, publié pendant les assemblées de Bangkok à partir du 12 octobre, en donnera le détail.
Chaque devise dépend de la capacité de son pays à trouver des acheteurs pour cette dette, et le Royaume-Uni se situe entre les États-Unis et la France. Le CPI d'août est remonté à 3,1 %, avec des carburants à +23,0 % sur un an, et la BoE prévoit une inflation d'environ 3,75 % au quatrième trimestre puis légèrement au-dessus de 4 % début 2027. Le 17 septembre, trois membres sur neuf ont voté pour une hausse, et le communiqué annonce un resserrement probable si le conflit persiste. Ce biais restrictif explique selon nous la meilleure tenue de la livre : la GBP/USD a perdu 2,41 % en un mois, contre 3,83 % pour l'EUR/USD.
Ce soutien a deux limites. Le marché du travail ne pousse pas les salaires, ce qui laisse la BoE libre d'attendre. Le budget du 28 octobre peut aussi alourdir l'offre de gilts : la hausse des taux longs pèserait alors sur la livre au lieu de la soutenir, comme elle pèse sur l'euro par l'OAT.
% sur un an (g.), % (d.)
Sources : ONS (DKO8), Banque d'Angleterre, Macro Edge Terminal (panneau OFFI) 01/08/2026.
% de la population active (g.), % sur un an (d.)
Sources : ONS (MGSX, KAB9), Macro Edge Terminal (panneau OFFI) 01/06/2026.
CPI sous-jacent et Bank Rate BoE. Le Bank Rate est à 3,75 % depuis décembre 2025, et le CPI sous-jacent tient à 2,6 % depuis mai. Le taux réel reste positif : une hausse de la BoE répondrait au choc énergétique sur l'inflation totale, avec un cœur stable.
Taux de chômage et Salaires (AWE). Le chômage britannique est redescendu de 5,2 % fin 2025 à 4,9 %, niveau qu'il ne quitte plus depuis mars, et la croissance des salaires est revenue de plus de 5 % à l'été 2025 à 3,7 % en juillet 2026. La BoE n'a pas de boucle salariale à combattre, ce qui borne le scénario restrictif.
Énergie, métaux, agriculture
Les matières premières
Or
L'or a perdu 1,92 % en moyenne sur septembre selon le FMI (4 335 $), et la presse le situe entre 4 140 et 4 160 $ l'once au comptant le 6 octobre, sans recoupement par une source spécialisée. Les acheteurs divergent : dans la semaine au 29 septembre, les gérants ont réduit leur position nette acheteuse de 27 000 contrats, alors que les ETF ont reçu 1,7 M d'onces, plus forte entrée depuis quatre ans selon Saxo. Les banques centrales ont acheté 39 t en août selon le World Gold Council, dont 20 t pour la PBoC, son 22e mois consécutif d'achats et son plus fort achat mensuel depuis 2023. Cette demande de long terme dessine un plancher, et les taux réels américains plafonnent le prix.
- Effet sur les devises
- Tant que le 10 ans américain reste au-dessus de 5 %, l'or ne donne pas de signal de change propre. Une remontée de l'or accompagnée d'une baisse du 10 ans signalerait un relâchement des taux réels, favorable au yen et au franc contre le dollar.
- Biais
- Neutre
Devise par devise
Nos lectures par devise
CHF · Le franc protège contre l'euro, pas contre le dollar
L'USD/CHF est passé de 0,8071 le 9 septembre à 0,8329 et gagne 5,07 % depuis le début de l'année, alors que la CFTC montre des achats spéculatifs de dollars contre toutes les grandes devises sauf le franc. Calculé à partir de nos fixings, l'EUR/CHF implicite est revenu d'environ 0,940 à 0,931 sur la même période : le franc sert de refuge face au risque européen.
La BNS a maintenu son taux à 0 % le 24 septembre et s'est dite « disposée à intervenir sur le marché des changes si nécessaire », formule plus générale que l'ancienne référence à la demande refuge. Avec une inflation prévue à 0,7 % en 2026, elle a peu de tolérance pour une appréciation contre l'euro, ce qui limite le potentiel du franc sur le croisement.
- Biais
- Neutre · confiance moyenne
- Invalidation
- Un EUR/CHF implicite sous 0,92 sans réaction de la BNS ouvrirait un biais haussier sur le franc ; un écart OAT-Bund revenu sous 132 pb lui retirerait sa demande de refuge européenne.
AUD · Le dollar australien vendu malgré la reprise chinoise
La RBA a relevé son taux à 4,60 % le 29 septembre, à l'unanimité, mais Bullock n'a signalé aucun mouvement en novembre, et l'AUD/USD est passé sous 0,70 ; il cote 0,6951, -3,65 % sur un mois, et les spéculateurs l'ont vendu dans la semaine au 29 septembre. Le contexte chinois s'est pourtant amélioré : le PMI manufacturier officiel de septembre est revenu à 50,1, le composite à 50,7, plus haut depuis décembre 2025, et les prix des intrants ont bondi à 60,8.
Notre lecture est que l'AUD subit le dollar et la prudence de sa banque centrale davantage que la conjoncture chinoise, d'où une asymétrie si le commerce extérieur chinois du 14 octobre confirme la reprise. Le NZD reste le plus exposé du bloc, à -4,78 % sur un mois, avec une RBNZ que le marché voit inchangée à 97 % le 28 octobre.
- Biais
- Neutre · confiance faible
- Invalidation
- Une clôture de l'AUD/USD sous 0,6939, plus bas du 2 octobre, après des importations chinoises décevantes le 14 octobre ferait passer le biais à baissier.
Les scénarios
Ce qui peut se passer
Scénario central : le dollar tient par les taux longs
Le CPI du 14 octobre confirme un total gonflé par l'énergie et un sous-jacent proche de 0,2 % sur un mois. La Fed garde décembre ouvert sans s'engager, le 10 ans reste au-dessus de 5 % et la demande étrangère aux adjudications tient. L'euro reste sous pression jusqu'à la revue de Moody's, la livre résiste mieux et le CAD reste faible avant la BoC.
CPI total élevé, sous-jacent stable → 10 ans US au-dessus de 5 % → USD soutenu → EUR/USD et CAD sous pression
Essoufflement du dollar
Un CPI sous-jacent faible et un Beige Book sans transmission aux salaires réduisent les chances de décembre. Le 10 ans repasse sous 5 %, la prime de terme se dégonfle et les positions acheteuses de dollar, remontées à 25,3 Md$ au 29 septembre, se débouclent. L'euro, très vendu, et le yen, protégé par la menace d'intervention, rebondissent le plus.
CPI sous-jacent faible → Hausse de décembre repricée à la baisse → 10 ans US sous 5 % → EUR/USD et JPY ↑
Escalade à Ormuz
De nouvelles attaques réduisent encore le transit, le contrat Brent rejoint le spot au-dessus de 110 $ et le fret reste au record. Les importateurs paient : l'euro, le yen et la livre baissent, Tokyo intervient au-delà de 160, et les durcissements de ton de la BCE et de la BoE ne soutiennent pas leur devise.
Transit à Ormuz ↓ → Brent à terme au-dessus de 110 $ → EUR, JPY, GBP ↓ → Intervention japonaise
Rupture de la demande obligataire
Une adjudication longue mal reçue aux États-Unis ou un abaissement de la note française le 23 octobre relance la hausse des primes de terme. Si la demande étrangère se retire des Treasuries, le dollar baisse avec ses obligations au profit du franc et du yen ; si le choc reste français, l'euro casse ses plus bas.
Adjudication ratée ou abaissement de la France → Primes de terme ↑ → USD ↓ si le choc est américain, EUR ↓ s'il est français
Heure de Paris
L'agenda à venir
| Date | Événement | Enjeu | Sensibilité FX |
|---|---|---|---|
| jeu. 08/10 | Compte rendu de la BCE (réunion des 9-10/09), 13:30 | Ouverture à une troisième hausse et débat éventuel sur la fragmentation | |
| jeu. 08/10 | Adjudication du 30 ans américain (22 Md$, réouverture), 19:00 | Demande étrangère sur la partie longue ; précédent à 5,308 % | |
| ven. 09/10 | Emploi canadien de septembre, 14:30 | Après -42 000 en août ; premier test du biais sur le CAD avant la BoC | |
| lun. 12/10 | Assemblées annuelles FMI et Banque mondiale à Bangkok (12-18/10) ; Columbus Day aux États-Unis | WEO, GFSR et Fiscal Monitor ; scénarios pétroliers du FMI à 82, 100 et 110 $ | |
| mar. 13/10 | ZEW allemand d'octobre ; emploi britannique (date à confirmer) | Salaires britanniques avant le budget et la BoE | |
| mer. 14/10 | Commerce extérieur chinois de septembre, 05:00 | Importations et demande extérieure ; test pour l'AUD | |
| mer. 14/10 | CPI américain de septembre, 14:30 | Total attendu vers +0,5 à +0,6 % sur un mois, sous-jacent vers +0,2 % ; sort de la hausse de décembre | |
| mer. 14/10 | Beige Book, 20:00 | Transmission de l'énergie aux prix et aux salaires | |
| ven. 23/10 | Revue de Moody's sur la France (Aa3, perspective négative) | Écart OAT-Bund et prime de fragmentation sur l'euro | |
| mer. 28/10 | FOMC, BoC (avec RPM), RBNZ, budget britannique | Hausse de la Fed ou attente de décembre ; offre de gilts | |
| jeu. 29/10 | Décision de la BCE, 14:15 | Troisième hausse ou pause, sans projections | |
| dim. 01/11 | OPEP+ (sept pays) | Production de décembre après deux mois de pause | |
| jeu. 05/11 | Décision de la BoE | Trois membres sur neuf votaient déjà pour une hausse |
Nos convictions
Et ce qui les contredirait
| Conviction | Invalidation |
|---|---|
| Tant que le 10 ans américain tient au-dessus de 5 % avec une demande étrangère solide aux adjudications, le dollar reste soutenu même si la Fed renonce à octobre. | Un 10 ans en clôture sous 5,00 %, ou une adjudication longue servie au-dessus du niveau du marché gris. |
| L'euro sous-performe la livre au moins jusqu'à la revue de Moody's du 23 octobre. | Un écart OAT-Bund revenu sous 132 pb, son niveau d'avant le budget, ou un EUR/GBP au-dessus de 0,8550. |
| Le dollar canadien reste faible jusqu'à la BoC du 28 octobre. | Un USD/CAD en clôture sous 1,4100 après l'emploi canadien de vendredi. |
| L'USD/JPY a davantage à perdre qu'à gagner depuis 158. | Une clôture au-dessus de 160,16, plus haut du 1er septembre, sans intervention ni mise en garde officielle. |
En résumé
Ce qu'il faut retenir
Un CPI décevant le 14 octobre réduirait les chances d'une hausse en décembre sans suffire à retourner le dollar : il faudrait pour cela un 10 ans revenu sous 5 % ou une adjudication boudée par les étrangers. D'ici le 23 octobre, l'euro reste la devise la plus exposée, parce que l'écart OAT-Bund pèse maintenant autant que le baril. Le dollar canadien n'a pas de soutien pétrolier à attendre avant la BoC. Si le dollar se retourne, le yen, déjà dans la zone d'intervention, offre le meilleur profil, devant un euro très vendu.
Sources
- 1. BLS, The Employment Situation — September 2026, 02/10/2026.
- 2. BEA, Personal Income and Outlays, August 2026, 30/09/2026.
- 3. Eurostat (via GMK Center), Inflation in the eurozone accelerated to 3.8% in September, 02/10/2026.
- 4. ONS, Consumer price inflation, UK: August 2026, 16/09/2026.
- 5. Banque du Canada, Annonce du taux directeur, 02/09/2026.
- 6. BNS, Bulletin trimestriel 3/2026, 09/2026.
- 7. FMI (Arabian Business), World's $100tn fiscal time bomb keeps ticking, cautions IMF, 10/2026.
- 8. OPEP, Communiqué de la réunion des sept pays, 04/10/2026.
- 9. EIA, This Week in Petroleum, 07/10/2026.
- 10. World Gold Council, Central bank gold statistics, 09/2026.
- 11. CME FedWatch (via 10jqka), Probabilités de taux de la Fed, 30/09/2026.
- 12. Saxo (données CFTC), COT on forex and commodities, week to 29 Sept 2026, 05/10/2026.
- 13. Investinglive, The US Treasury sells $39 billion of 10-year notes at a high yield of 5.300%, 07/10/2026.
- 14. NBC News, Treasury yields hit 24-year highs as global sell-off accelerates, 07/10/2026.
- 15. US News, Fed telegraphs another interest rate hike this year, 07/10/2026.
- 16. Il Sole 24 Ore, France 10-year OAT yields edge towards 5% on the eve of the 2027 budget, 10/2026.
- 17. Reuters (via Yahoo Finance), Moody's sees no quick resolution, 10/2026.
- 18. Reuters (via The Star), Lagarde: higher energy prices raise euro area inflation risks, 29/09/2026.
- 19. FXStreet, The euro gives back its bounce as French bonds sell off again, 07/10/2026.
- 20. Investinglive, BoJ Governor Ueda says inflation nearing 2% as December rate hike stays firmly in play, 06/10/2026.
- 21. Kuwait Times, Japan spent record $96 billion in yen interventions, 09/2026.
- 22. Vantage Markets, Why Brent held its premium over WTI: tanker freight record, 10/2026.
- 23. OilNOW, Brent settles at US$100.69 as tanker attacks deepen supply fears, 10/2026.
- 24. Roic.ai, UK 30-year gilt yield breaches 6% for first time since 1998, 01/10/2026.
- 25. BBH (via TMGM), Global bonds selloff deepens with rising term premia, 01/10/2026.
- 26. Investinglive, ISM non-manufacturing PMI 54.9 versus 55.2 estimate, 05/10/2026.
- 27. Newsquawk, Chinese NBS manufacturing PMI (Sep) 50.1 vs exp. 50.1, 30/09/2026.
- 28. Babypips, RBA raised rates but AUD falls on softer forward guidance, 30/09/2026.
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