Glossaire du trading Forex et macro
216 termes du trading, des banques centrales à l'exécution des ordres : ce que chaque notion veut dire, comment la lire, et pourquoi elle compte pour une devise. Avec, quand il existe, l'outil du site où la voir à l'œuvre.
Banques centrales et politique monétaire
Les institutions qui fixent le prix de l'argent, et le vocabulaire de leurs décisions.
- Taux directeurpolicy rate
- Le taux auquel une banque centrale prête ou rémunère les liquidités des banques. En le montant ou en le baissant, elle renchérit ou allège le crédit dans toute l'économie. C'est la variable qui pèse le plus sur la valeur d'une devise à moyen terme. Les taux directeurs du jour →Voir aussi : Différentiel de taux, Politique monétaire
- Politique monétaire
- L'ensemble des décisions d'une banque centrale pour tenir son mandat, le plus souvent une inflation proche de 2 % : taux directeur, achats ou ventes de titres, communication.
- Mandat d'une banque centraledouble mandat
- La mission que la loi confie à la banque centrale. La BCE a un mandat unique de stabilité des prix ; la Fed un double mandat, stabilité des prix et plein emploi. Le mandat explique pourquoi une même donnée ne pèse pas autant d'une banque à l'autre : l'emploi compte davantage pour la Fed que pour la BCE.
- Cible d'inflation
- Le niveau d'inflation que la banque centrale cherche à atteindre, 2 % pour la plupart des grandes banques. Certaines visent une moyenne dans le temps (la Fed depuis 2020), d'autres une fourchette (la RBA, 2 à 3 %). L'écart entre l'inflation observée et la cible guide les décisions.
- Restrictif (hawkish) et accommodant (dovish)faucon · colombe
- Un ton restrictif penche vers des taux plus hauts pour combattre l'inflation, ce qui soutient en général la devise. Un ton accommodant penche vers des taux plus bas pour soutenir l'activité, ce qui pèse sur elle.
- Forward guidanceorientation prospective
- Les indications qu'une banque centrale donne sur ses décisions futures. Le marché réagit souvent plus à un changement de formulation qu'à la décision elle-même, déjà anticipée. Le communiqué officiel, dans le terminal. →
- Dépendance aux donnéesdata dependent
- La position d'une banque centrale qui refuse de s'engager à l'avance et décide réunion par réunion selon les chiffres publiés. Elle rend chaque publication d'inflation ou d'emploi plus décisive, et la volatilité autour des statistiques plus forte.
- Dot plot
- Le graphique publié quatre fois par an par la Fed, où chaque participant du FOMC place un point pour le taux qu'il juge approprié à la fin de chaque année. La médiane des points sert de trajectoire de référence. La page de la Fed →
- Projections économiques (SEP)Summary of Economic Projections · projections des services
- Les prévisions de croissance, de chômage et d'inflation publiées avec certaines décisions : SEP à la Fed, projections des services de l'Eurosystème à la BCE, Rapport sur la politique monétaire à la Banque d'Angleterre. Leur révision d'un trimestre à l'autre en dit souvent plus que le niveau.
- FOMC
- Federal Open Market Committee : le comité de la Réserve fédérale qui fixe la fourchette des fed funds. Douze membres votent, huit réunions par an. Le calendrier des réunions →
- Conseil des gouverneurs de la BCE
- L'organe de décision de la BCE : les six membres du directoire et les gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro. Il se réunit toutes les six semaines pour la politique monétaire, avec un système de rotation des droits de vote entre pays.
- MPCMonetary Policy Committee
- Le comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre, neuf membres dont quatre externes. Il publie la répartition des votes : un vote serré, par exemple 5 contre 4, annonce souvent le prochain mouvement.
- Minutes et comptes rendusminutes du FOMC · accounts
- Le résumé des débats d'une réunion, publié environ trois semaines après la décision pour la Fed, quatre pour la BCE. Ils révèlent le degré de consensus et les arguments de la minorité, ce que le communiqué ne dit pas.
- Beige Book
- Le rapport publié huit fois par an par la Fed, qui rassemble les témoignages des entreprises des douze districts régionaux. Qualitatif, il donne une lecture de terrain de l'activité, des prix et de l'emploi deux semaines avant chaque réunion.
- Période de silenceblackout period · quiet period
- Les jours qui précèdent une réunion, pendant lesquels les membres du comité s'abstiennent de toute déclaration sur la politique monétaire. Pour la Fed, elle débute le deuxième samedi avant la réunion. Un article de presse « sourcé » y pèse alors davantage.
- Assouplissement et resserrement quantitatifs (QE, QT)
- Le QE consiste pour une banque centrale à acheter massivement des titres pour faire baisser les taux longs. Le QT est l'inverse : elle laisse son bilan se réduire, ce qui retire des liquidités.
- Bilan d'une banque centrale
- L'ensemble de ses actifs (titres achetés, prêts aux banques, réserves de change) et de ses passifs (billets, réserves des banques, compte du Trésor). Sa taille et sa composition mesurent la quantité de liquidité injectée dans le système.
- Réserves bancaires
- Les dépôts des banques auprès de la banque centrale. Abondantes, elles maintiennent les taux du marché monétaire au plancher fixé par la banque ; devenues rares, elles provoquent des tensions, comme sur le marché du repo américain en septembre 2019.
- Corridor de tauxplancher · taux de dépôt
- Le couloir dans lequel la banque centrale maintient le taux au jour le jour : un taux de rémunération des dépôts en bas, un taux de prêt marginal en haut. La BCE pilote aujourd'hui par son taux de la facilité de dépôt, le plancher du corridor.
- Fed fundsfonds fédéraux · EFFR
- Le taux auquel les banques américaines se prêtent leurs réserves au jour le jour. La Fed fixe une fourchette de 25 points de base, et le taux effectif (EFFR) s'y établit ; c'est la référence de toute la politique monétaire américaine.
- IORBintérêt sur les réserves
- Le taux que la Fed verse sur les réserves des banques. Il sert, avec le taux de la facilité de prise en pension inversée (RRP), à maintenir les fed funds dans la fourchette visée.
- Prise en pension inversée (RRP)reverse repo · ON RRP
- La facilité où la Fed emprunte au jour le jour les liquidités des fonds monétaires contre des titres. Son encours mesure l'excédent de liquidité du système : sa baisse signale que la liquidité se raréfie.
- Pivot
- Le moment où une banque centrale change de direction, par exemple de la hausse des taux vers la pause ou la baisse. Le marché cherche à l'anticiper, et les devises bougent souvent davantage à l'annonce du pivot qu'au premier mouvement de taux.
- Atterrissage en douceursoft landing · hard landing
- Le scénario où une banque centrale ramène l'inflation à sa cible sans provoquer de récession. Son contraire, l'atterrissage brutal, combine ralentissement marqué et hausse du chômage.
- Taux neutrer* · r étoile
- Le taux d'intérêt qui ne stimule ni ne freine l'économie. Inobservable, il est estimé par modèle. Un taux directeur au-dessus du taux neutre est restrictif, en dessous il est accommodant.
- Règle de Taylor
- Une formule qui suggère un taux directeur à partir du taux neutre, de l'écart d'inflation à la cible et de l'écart de production. Aucune banque ne l'applique mécaniquement, mais l'écart entre le taux réel et la règle mesure le degré de restriction.
- Transmission de la politique monétaire
- Le chemin par lequel une décision de taux atteint l'économie : taux de marché, crédit, change, prix des actifs, puis demande et inflation. Elle prend en général douze à dix-huit mois, d'où l'importance des anticipations.
- Intervention de change
- L'achat ou la vente de devises par une autorité pour peser sur le cours de sa monnaie. Le Japon y recourt pour soutenir le yen, la BNS l'a utilisée pour freiner le franc. Une intervention « stérilisée » est compensée pour ne pas modifier la liquidité.
- Intervention verbalejawboning
- Les mises en garde publiques d'un ministre ou d'un banquier central contre un mouvement de change jugé excessif. Elles précèdent souvent une intervention réelle et suffisent parfois à freiner une tendance.
- Lignes de swap entre banques centrales
- Des accords qui permettent à une banque centrale d'obtenir des dollars auprès de la Fed pour les prêter à ses banques. Activées en 2008 et en 2020, elles calment les pénuries de dollars en période de crise.
- Contrôle de la courbe des taux (YCC)Yield Curve Control
- Une politique où la banque centrale fixe un taux plafond sur une maturité spécifique (ex: les obligations à 10 ans) et achète autant de titres que nécessaire pour maintenir ce plafond. Utilisé notamment par la Banque du Japon.
- Opération Twist
- Une opération où la banque centrale vend des obligations à court terme pour acheter des obligations à long terme. Cela permet de faire baisser les taux longs sans augmenter la taille globale du bilan.
- Bâle III
- L'ensemble des réglementations bancaires mondiales mises en place après la crise de 2008. Elles obligent les banques à détenir plus de fonds propres et de liquidités pour résister aux chocs financiers.
- Prêteur en dernier ressortLender of last resort
- Le rôle vital d'une banque centrale lors d'une panique financière : fournir des liquidités d'urgence aux banques solvables mais illiquides pour éviter un effondrement du système.
- TLTROOpérations ciblées de refinancement de plus long terme
- Des prêts à long terme (jusqu'à 3 ans) accordés par la BCE aux banques européennes à des taux très avantageux, à condition qu'elles prêtent cet argent à l'économie réelle.
- Standing Repo Facility (SRF)
- Une facilité permanente de la Fed permettant aux banques et primary dealers d'échanger des bons du Trésor contre du cash au jour le jour. Elle sert de soupape de sécurité en cas de pénurie de liquidité.
- Répression financière
- Les politiques (maintien de taux bas, inflation tolérée, régulation) qui dirigent les fonds vers l'État et lui permettent d'effacer progressivement sa dette aux dépens des épargnants.
- Politique macroprudentielle
- L'ensemble des règles visant à limiter le risque systémique de l'ensemble du secteur financier, comme les limites de ratio prêt/valeur (LTV) pour freiner une bulle immobilière.
- Dédollarisation
- La volonté politique de certains pays émergents de réduire leur dépendance au dollar américain dans le commerce international et leurs réserves de change, souvent en utilisant l'or ou des monnaies locales.
Taux, obligations et marché monétaire
Le marché de la dette, où se forme le prix du temps.
- Rendement obligataireyield
- Le taux de rentabilité d'une obligation achetée au prix du marché et conservée jusqu'à l'échéance. Prix et rendement évoluent en sens inverse : quand les investisseurs vendent une obligation, son prix baisse et son rendement monte.
- Courbe des taux
- Les rendements d'un même émetteur rangés par échéance. Inversée, quand les taux courts dépassent les taux longs, elle a précédé la plupart des récessions américaines.
- Inversion de la courbe2s10s · 3m10y
- La situation où les taux courts dépassent les taux longs, souvent mesurée par l'écart 10 ans moins 2 ans (2s10s) ou 10 ans moins 3 mois. Le marché y anticipe des baisses de taux futures, donc un ralentissement.
- Pentification et aplatissementbull steepening · bear flattening
- La courbe se pentifie quand l'écart entre taux longs et courts s'élargit, et s'aplatit quand il se resserre. On précise le moteur : « bull » si les taux baissent, « bear » s'ils montent. Un bear steepening, taux longs en hausse, traduit souvent une inquiétude budgétaire ou d'inflation.
- Taux réel
- Le taux nominal diminué de l'inflation attendue. Aux États-Unis, on le lit sur les obligations indexées (TIPS). Un taux réel en hausse renchérit la détention d'or et soutient en général le dollar.
- Point mort d'inflationbreakeven
- L'écart entre le rendement d'une obligation classique et celui d'une obligation indexée sur l'inflation de même échéance. Il mesure l'inflation moyenne que le marché anticipe sur la période.
- TIPSobligations indexées · OATi
- Les obligations du Trésor américain dont le principal est indexé sur l'inflation. Leur rendement est un taux réel ; en France, l'équivalent est l'OATi ou l'OAT€i.
- Duration
- La sensibilité du prix d'une obligation à une variation de taux. Une duration de 8 signifie qu'une hausse de taux de 1 point fait perdre environ 8 % de valeur. Plus l'échéance est longue, plus la duration est élevée.
- Point de basepb · bp · bps
- Un centième de point de pourcentage : 0,01 %. Une hausse de taux de 25 points de base fait passer un taux de 4,00 % à 4,25 %.
- Prime de termeterm premium
- Le supplément de rendement exigé pour détenir une obligation longue plutôt que de renouveler des titres courts. Elle grimpe quand l'incertitude sur l'inflation ou la dette publique augmente, et explique une partie des hausses de taux longs sans changement de politique monétaire.
- Spread souverainécart OAT-Bund · BTP-Bund
- L'écart de rendement entre la dette de deux États, par exemple l'Italie et l'Allemagne. Il mesure le risque perçu ; son écartement brutal pèse sur l'euro, car il ravive la crainte d'une fragmentation de la zone.
- Spread de crédithigh yield · investment grade
- L'écart de rendement entre une obligation d'entreprise et un titre d'État de même échéance. Il rémunère le risque de défaut ; son élargissement est un signal de stress, souvent associé au risk-off.
- SOFR
- Secured Overnight Financing Rate : le taux au jour le jour des prêts garantis par des titres du Trésor américain. Il a remplacé le Libor en dollar comme référence des prêts et dérivés.
- €STRester
- Le taux au jour le jour en euro publié par la BCE, reflet des emprunts non garantis des banques. Il a remplacé l'Eonia et sert de base aux swaps OIS en euro.
- SONIA
- Sterling Overnight Index Average : le taux au jour le jour de référence en livre sterling, administré par la Banque d'Angleterre. Base des swaps OIS britanniques.
- Libor
- L'ancien taux de référence des prêts interbancaires, fondé sur des déclarations de banques. Manipulé dans les années 2000, il a été abandonné entre 2021 et 2023 au profit de taux au jour le jour fondés sur des transactions (SOFR, SONIA, €STR).
- Repopension livrée
- Un prêt garanti : on vend un titre en s'engageant à le racheter plus tard à un prix fixé. Le marché du repo finance les détenteurs d'obligations ; ses tensions se propagent vite à l'ensemble du système.
- T-billsbons du Trésor
- Les titres de dette à court terme du Trésor américain, de quelques jours à un an. Leur émission massive absorbe des liquidités, ce que l'on suit de près après chaque relèvement du plafond de la dette.
- Compte du Trésor (TGA)Treasury General Account
- Le compte du Trésor américain à la Fed. Quand il se remplit (impôts, émissions de dette), il retire des liquidités du système ; quand il se vide, il en injecte. Ses variations influencent la liquidité au même titre que le bilan de la Fed.
- Liquidité nette
- Une mesure de la liquidité du dollar : bilan de la Fed, moins le compte du Trésor, moins la prise en pension inversée. Elle accompagne souvent les grandes phases des actifs risqués.
- Plafond de la dettedebt ceiling
- Le montant maximal de dette que le Trésor américain peut émettre, fixé par le Congrès. Les négociations pour le relever créent périodiquement des risques de défaut technique et faussent les mouvements du compte du Trésor.
- Adjudicationauction · bid-to-cover
- La vente de nouvelle dette par un État. On en lit la demande au ratio bid-to-cover (offres reçues sur montant émis) et à l'écart avec le rendement attendu (« tail »). Une adjudication ratée peut faire monter les taux longs.
Anticipations et dérivés de taux
Comment on lit, dans les prix, ce que le marché attend des banques centrales.
- Swap OISovernight index swap
- Un contrat où l'on échange un taux fixe contre la moyenne du taux au jour le jour (SOFR, €STR, SONIA…) sur une période. Le taux fixe négocié révèle le niveau moyen que le marché attend pour le taux directeur. Probabilités de décision, market-implied, courbe OIS réelle (8 devises) →
- Probabilités implicites
- Les chances d'une hausse, d'un statu quo ou d'une baisse à la prochaine réunion, déduites des prix des swaps OIS. Ce ne sont pas des prévisions mais des prix : le marché s'y engage avec de l'argent réel. Ce que le marché anticipe →
- Fed funds futures
- Les contrats à terme sur la moyenne mensuelle des fed funds, cotés au CME. Leur prix (100 moins le taux attendu) sert de base à l'outil FedWatch et aux probabilités de décision de la Fed.
- STIRshort-term interest rate futures · SOFR futures · Euribor futures
- Les contrats à terme sur taux courts (SOFR, Euribor, SONIA). Le marché des STIR concentre les paris sur la trajectoire des banques centrales sur deux à trois ans.
- Pricé, déjà dans les prixpriced in
- Une information est « pricée » quand le marché l'a déjà intégrée aux cours. Une baisse de taux attendue à 100 % ne fait pas bouger la devise le jour de l'annonce : seul l'écart avec l'attendu compte.
- Repricing
- Le réajustement rapide des anticipations après une donnée ou un discours, par exemple une baisse de taux qui passe de 30 % à 80 % de probabilité. Le repricing des taux courts est l'un des moteurs les plus directs des devises.
- Taux terminalterminal rate
- Le niveau le plus haut (ou le plus bas) qu'un cycle de taux devrait atteindre selon le marché ou la banque centrale. Le réviser, c'est déplacer toute la courbe courte.
- Différentiel de taux
- L'écart entre les taux de deux pays. Il attire les capitaux vers la devise la mieux rémunérée : sa variation est un moteur central des paires de devises.
- Swap de taux d'intérêtIRS · swap rate
- Un contrat d'échange d'un taux fixe contre un taux variable sur une durée donnée. Les taux de swap à 2, 5 ou 10 ans servent de référence aux prêts et à la couverture des banques.
- Consensus
- La médiane des prévisions des économistes pour une publication. C'est la référence de la surprise : le marché réagit à l'écart entre le chiffre publié et le consensus.
- Whisper number
- L'attente officieuse des opérateurs, parfois différente du consensus publié. Un chiffre « dans le consensus » peut décevoir s'il est sous le whisper.
Indicateurs économiques
Les publications qui font bouger les devises, et ce qu'elles mesurent vraiment.
- IPC et inflationCPI · IPCH · HICP
- L'indice des prix à la consommation mesure l'évolution du prix d'un panier de biens et services. Sa variation sur un an est l'inflation, première cible des banques centrales. L'inflation sous-jacente exclut l'énergie et l'alimentation, plus volatiles. En zone euro, la mesure harmonisée est l'IPCH.
- Inflation sous-jacentecore inflation · inflation cœur
- L'inflation hors énergie et alimentation (hors tabac et alcool en zone euro). Moins volatile, elle reflète mieux la tendance que la banque centrale peut influencer, et c'est souvent elle qui fait bouger le marché.
- Supercore
- L'inflation des services hors logement aux États-Unis, très liée aux salaires. La Fed la surveille comme indicateur de l'inflation la plus persistante.
- PCEcore PCE
- L'indice des prix des dépenses de consommation, publié chaque mois aux États-Unis. C'est la mesure que vise officiellement la Fed, et non l'IPC. Il paraît après l'IPC, ce qui le rend en partie prévisible.
- IPPPPI · prix à la production
- L'indice des prix à la production mesure les prix reçus par les producteurs. Il annonce parfois l'inflation à la consommation, les hausses de coûts étant répercutées avec retard.
- Moyenne tronquéetrimmed mean
- Une mesure de l'inflation qui écarte chaque mois les hausses et baisses de prix les plus extrêmes. La Banque de réserve d'Australie en fait sa mesure de référence.
- Effet de base
- L'effet mécanique sur l'inflation annuelle d'un mouvement de prix survenu un an plus tôt. Une forte hausse de l'énergie il y a douze mois fait baisser l'inflation d'aujourd'hui, sans détente réelle des prix.
- Anticipations d'inflationMichigan · attentes d'inflation
- L'inflation que ménages, entreprises ou marchés attendent. Une hausse des anticipations à long terme inquiète les banques centrales, car elle peut entretenir l'inflation par les salaires et les prix.
- NFP (emplois non agricoles)non-farm payrolls · rapport sur l'emploi
- Les créations d'emplois hors agriculture aux États-Unis, publiées le premier vendredi du mois avec le taux de chômage et les salaires. L'une des publications qui font le plus bouger le dollar ; les révisions des mois précédents comptent autant que le chiffre du mois.
- Taux de chômageU-3 · U-6
- La part de la population active sans emploi et en recherche. Aux États-Unis, U-3 est la mesure officielle ; U-6 ajoute le temps partiel subi et les découragés.
- Salaire horaire moyenaverage hourly earnings
- La progression du salaire horaire moyen, publiée avec le rapport sur l'emploi. Une hausse rapide alimente l'inflation des services ; c'est la partie du rapport que le marché lit pour l'inflation.
- JOLTS
- L'enquête américaine sur les offres d'emploi et la rotation du personnel. Le ratio offres d'emploi par chômeur et le taux de démission mesurent la tension du marché du travail.
- ADP
- L'estimation des créations d'emplois privés américains par la société de paie ADP, publiée deux jours avant le rapport officiel. Sa corrélation avec les NFP est imparfaite.
- Inscriptions au chômagejobless claims · initial claims
- Les nouvelles demandes d'allocations chômage aux États-Unis, publiées chaque jeudi. Hebdomadaires, elles détectent un retournement du marché du travail avant les chiffres mensuels.
- PMIindice des directeurs d'achat
- Les indices des directeurs d'achat, tirés d'enquêtes auprès des entreprises. Au-dessus de 50, l'activité progresse ; en dessous, elle se contracte. Ils paraissent avant les chiffres officiels, d'où leur intérêt.
- ISM
- Les indices de l'Institute for Supply Management pour l'industrie et les services américains, équivalents des PMI. Leurs sous-indices de prix payés et d'emploi sont suivis comme indicateurs avancés de l'inflation et du marché du travail.
- PIBGDP
- Le produit intérieur brut mesure la production d'un pays sur une période. Deux trimestres de baisse consécutifs sont la définition courante d'une récession. Aux États-Unis, il est publié en rythme annualisé, ce qui grossit les variations par rapport à l'Europe.
- GDPNownowcast
- L'estimation en temps réel du PIB trimestriel américain par la Fed d'Atlanta, mise à jour après chaque publication. Ce n'est pas une prévision d'économiste mais un modèle, qui peut fortement varier en début de trimestre.
- Ventes au détailretail sales · groupe de contrôle
- La valeur des ventes des commerces, publiée chaque mois. Le « groupe de contrôle », hors automobiles, carburant, matériaux et restauration, entre directement dans le calcul de la consommation du PIB.
- Production industrielle
- Le volume de production des usines, mines et services publics. Moins suivie qu'autrefois aux États-Unis, elle reste importante pour l'Allemagne et le Japon, très industriels.
- Balance courantecurrent account
- Le solde des échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde. Un pays en déficit courant dépend des capitaux étrangers ; sa devise est plus vulnérable quand l'appétit pour le risque recule.
- Balance commerciale
- Le solde des exportations et importations de biens. Un excédent commercial crée une demande structurelle pour la devise, les exportateurs convertissant leurs recettes.
- Confiance des consommateursConference Board · Michigan
- Les enquêtes sur le moral des ménages, comme celles du Conference Board et de l'université du Michigan. Elles anticipent la consommation, avec des écarts parfois importants entre l'humeur et les dépenses réelles.
- Ifo et ZEW
- Les deux grandes enquêtes allemandes : l'Ifo interroge les entreprises sur le climat des affaires, le ZEW les analystes financiers sur leurs anticipations. Elles pèsent sur l'euro, l'Allemagne étant la première économie de la zone.
- Tankan
- L'enquête trimestrielle de la Banque du Japon auprès des entreprises. L'indice de sentiment des grands industriels est suivi comme un baromètre de l'économie japonaise et des décisions de la BoJ.
- Surprise économiqueindice de surprise Citi
- L'écart entre le chiffre publié et le consensus des économistes. Le marché réagit à la surprise, pas au niveau : un chiffre élevé mais attendu ne fait rien bouger. Les indices de surprise agrègent ces écarts sur plusieurs semaines.
- Révision
- La correction d'un chiffre déjà publié. Les créations d'emplois américaines sont révisées sur deux mois ; une forte révision à la baisse peut annuler l'effet d'un chiffre du mois solide.
- Estimation flashadvance · préliminaire
- La première estimation d'un indicateur, publiée rapidement à partir de données partielles : PMI flash, inflation flash de la zone euro, PIB « advance » américain. C'est elle qui fait bouger le marché, la version finale le confirmant le plus souvent.
- Calendrier économique
- La liste datée des publications et événements à venir, avec leur importance, le consensus et le chiffre précédent. C'est l'outil de base pour savoir quand la volatilité peut surgir. Le calendrier des banques centrales →
- RécessionNBER
- Un recul durable et généralisé de l'activité. Aux États-Unis, c'est le NBER qui la date officiellement, a posteriori, sur un ensemble d'indicateurs ; la règle des deux trimestres de PIB négatif n'est qu'un raccourci.
- Règle de Sahm
- Un signal de récession : quand la moyenne sur trois mois du chômage américain dépasse d'au moins 0,5 point son plus bas des douze mois précédents. Historiquement fiable, elle a connu des faux signaux liés à l'offre de travail.
- Stagflation
- La combinaison d'une croissance faible et d'une inflation élevée, cauchemar des banques centrales : relever les taux aggrave le ralentissement, les baisser entretient l'inflation.
Marché des changes
Le fonctionnement du Forex, des cotations aux devises qui le composent.
- ForexFX · marché des changes
- Le marché mondial des devises, le plus liquide au monde, avec plus de 7 000 milliards de dollars échangés par jour selon la BRI. Décentralisé, il fonctionne 24 heures sur 24 du lundi matin en Asie au vendredi soir à New York.
- Paire de devisesdevise de base · devise de cotation
- Le prix d'une devise exprimé dans une autre. Dans EUR/USD à 1,10, l'euro est la devise de base et le dollar la devise de cotation : un euro vaut 1,10 dollar. Acheter la paire, c'est acheter l'euro et vendre le dollar.
- Paires majeuresmajors
- Les paires qui associent le dollar aux devises les plus échangées : EUR/USD, USD/JPY, GBP/USD, USD/CHF, AUD/USD, USD/CAD et NZD/USD. Elles offrent les spreads les plus serrés.
- Paires croiséescrosses · EUR/GBP · EUR/JPY
- Les paires sans le dollar, comme EUR/GBP ou AUD/JPY. Elles isolent la relation entre deux économies, sans le bruit propre au dollar.
- Paires exotiques
- Les paires associant une devise majeure à celle d'un pays émergent (USD/TRY, USD/ZAR, USD/MXN). Spreads plus larges, volatilité et risque politique plus élevés, et souvent un portage important.
- Pip
- La plus petite variation usuelle d'une cotation : 0,0001 pour la plupart des paires, 0,01 pour celles cotées en yen. Une hausse d'EUR/USD de 1,1000 à 1,1050 représente 50 pips.
- Pipette
- Un dixième de pip, cinquième décimale affichée par la plupart des courtiers. Elle affine le prix mais ne change pas l'unité de mesure habituelle.
- Lotmini-lot · micro-lot
- L'unité de taille d'une position : un lot standard vaut 100 000 unités de la devise de base, un mini-lot 10 000, un micro-lot 1 000. Sur EUR/USD, un pip vaut 10 dollars pour un lot standard.
- Valeur du pip
- Le gain ou la perte, en monnaie du compte, d'une variation d'un pip pour une taille donnée. Elle dépend de la devise de cotation : c'est elle qui relie la distance du stop au risque en euros.
- Spreadbid · ask · offre · demande
- L'écart entre le prix d'achat (ask) et le prix de vente (bid). C'est le coût immédiat de chaque transaction ; il s'élargit hors des grandes séances, à l'ouverture du dimanche soir et autour des publications importantes.
- Sessions de marchéTokyo · Londres · New York · chevauchement
- Les grandes plages horaires du Forex : Asie (Tokyo, Sydney), Europe (Londres) et Amérique (New York). Le chevauchement Londres–New York, l'après-midi en France, concentre la plus forte liquidité.
- FixingWM/Reuters · fix de Londres
- Le cours de référence calculé à heure fixe, le plus suivi étant le WM/Refinitiv de 16 h à Londres. Les gestionnaires y exécutent leurs ordres de fin de mois, d'où des mouvements brusques autour de cette heure.
- Indice dollar (DXY)DXY · USDX
- Un indice qui mesure le dollar face à six devises, dominé par l'euro (57,6 %). Pratique mais déséquilibré : il reflète surtout EUR/USD. Les indices pondérés par le commerce de la Fed donnent une image plus large.
- Taux de change effectifTCE · trade-weighted
- La valeur d'une devise face à un panier de partenaires commerciaux, pondéré par leur poids dans les échanges. Réel, il corrige des écarts d'inflation et mesure la compétitivité.
- Devise refuge
- Une devise recherchée en période de stress : historiquement le dollar, le yen et le franc suisse, grâce à la profondeur de leurs marchés ou aux avoirs extérieurs de leurs pays.
- Devises matières premièrescommodity currencies · AUD · CAD · NZD · NOK
- Les devises de pays exportateurs de matières premières : dollar australien (métaux), dollar canadien et couronne norvégienne (pétrole), dollar néo-zélandais (produits laitiers). Elles suivent en partie le prix de leurs exportations.
- Devise de financementfunding currency
- Une devise à taux bas que l'on emprunte pour financer des positions ailleurs, longtemps le yen et le franc suisse. Quand le stress monte, le remboursement de ces emprunts la fait remonter brutalement.
- Ancrage de changepeg · parité fixe · currency board
- Un régime où un pays fixe le cours de sa devise contre une autre, comme le dollar de Hong Kong ou la couronne danoise face à l'euro. La banque centrale défend l'ancrage par ses réserves et ses taux.
- CNY et CNHyuan · renminbi · fixing PBoC
- Le yuan chinois existe en deux versions : le CNY, négocié en Chine continentale autour d'un fixing quotidien de la banque centrale, et le CNH, négocié offshore plus librement. L'écart entre les deux traduit la pression sur la devise.
- Spot
- Le marché au comptant, avec livraison à deux jours ouvrés. Les plateformes de trading au détail cotent le spot, mais reportent les positions chaque soir au lieu de livrer les devises.
- Change à termeforward · points de terme
- Un contrat d'achat ou de vente de devises à une date future, à un cours fixé aujourd'hui. L'écart avec le spot, les points de terme, reflète le différentiel de taux entre les deux devises.
- NDFnon-deliverable forward
- Un contrat à terme réglé en dollars sans échange des devises, utilisé pour les monnaies non convertibles comme le won coréen ou la roupie indienne.
- Basis cross-currencycross-currency basis swap
- L'écart entre le coût réel d'emprunt de dollars via un swap de devises et ce que suggèrent les taux d'intérêt. Négatif, il mesure une demande de dollars supérieure à l'offre, signe de tension.
- Parité des taux d'intérêt
- Le principe selon lequel l'écart de taux entre deux devises se retrouve dans l'écart entre cours à terme et cours au comptant, sans gain d'arbitrage. Couverte, elle se vérifie ; non couverte, elle échoue souvent, d'où le carry trade.
- Parité de pouvoir d'achatPPA · Big Mac index
- La théorie selon laquelle les taux de change s'ajustent à long terme pour égaliser le prix d'un même panier entre pays. Inutile à court terme, elle sert d'ancrage aux estimations de juste valeur des devises.
- Juste valeur d'une devisefair value · BEER · FEER
- Le niveau qu'une devise « devrait » atteindre selon ses fondamentaux (taux, productivité, balance courante, termes de l'échange). Un écart important avec le cours tend à se réduire, mais sur des années.
- Termes de l'échange
- Le rapport entre le prix des exportations et celui des importations d'un pays. Leur amélioration, par exemple une hausse des métaux pour l'Australie, soutient la devise.
Options et volatilité
La mesure du risque que le marché attend, et les produits qui la cotent.
- Volatilité
- L'ampleur des variations d'un prix, mesurée en général par l'écart-type annualisé des rendements. Une volatilité de 8 % sur EUR/USD signifie qu'environ deux tiers des variations annuelles restent dans une fourchette de plus ou moins 8 %.
- Volatilité implicite
- La volatilité que le marché attend, déduite du prix des options. Elle monte avant les événements à risque et en période de stress ; on la compare à la volatilité réalisée pour juger si les options sont chères.
- Volatilité réaliséehistorique
- La volatilité effectivement observée sur une période passée, calculée sur les rendements. Elle sert de référence pour juger la volatilité implicite et pour dimensionner les positions.
- VIXindice de la peur
- L'indice de volatilité implicite à 30 jours des options sur le S&P 500, calculé par le Cboe. Au-dessus de 30, il signale un stress marqué ; il monte généralement quand les actions baissent, d'où son lien avec le risk-off.
- Optioncall · put
- Un contrat qui donne le droit, sans l'obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put) un actif à un prix fixé (strike) jusqu'à une date donnée. L'acheteur paie une prime, sa perte maximale.
- Prix d'exercicestrike
- Le prix auquel le détenteur d'une option peut acheter ou vendre l'actif. Une option est « dans la monnaie » si l'exercer rapporte, « à la monnaie » si le strike est proche du cours.
- Risk reversal
- L'écart de volatilité implicite entre calls et puts de même delta (souvent 25), sur une paire de devises. Il indique de quel côté le marché paie le plus cher pour se protéger, donc la direction redoutée.
- Smile de volatilitéskew
- La courbe des volatilités implicites selon le prix d'exercice. Sa déformation (skew) montre que le marché valorise plus un mouvement dans un sens que dans l'autre.
- Grecquesdelta · gamma · vega · theta
- Les sensibilités du prix d'une option : delta au cours du sous-jacent, gamma à la variation du delta, vega à la volatilité, theta au passage du temps. Les flux de couverture des teneurs de marché sur le delta peuvent accentuer ou freiner les mouvements.
- Expirations d'optionsoption expiries · NY cut
- Les gros montants d'options arrivant à échéance à un prix donné, en général à 10 h à New York. Ils peuvent « aimanter » le cours vers le strike en fin de séance, par le jeu des couvertures.
- Exposition gammagamma positif · gamma négatif
- L'effet des couvertures des teneurs de marché d'options. En gamma positif, ils achètent les baisses et vendent les hausses, ce qui calme le marché ; en gamma négatif, ils accompagnent les mouvements et les amplifient.
- Indice MOVE
- L'équivalent du VIX pour le marché obligataire américain : la volatilité implicite des options sur les taux du Trésor. Sa hausse précède souvent celle de la volatilité des devises.
Positionnement et flux
Qui détient quoi, et les flux qui déplacent les prix.
- Rapport COTCommitments of Traders · CFTC
- Le Commitments of Traders, publié chaque vendredi par la CFTC américaine, détaille les positions des grands acteurs sur les contrats à terme, dont les devises, arrêtées au mardi précédent. Un positionnement extrême signale un marché exposé à un retournement. Le positionnement des fonds →
- Non-commerciaux et commerciauxspéculateurs · asset managers · leveraged funds
- Les catégories du rapport COT. Les non-commerciaux, ou spéculateurs, cherchent à profiter des mouvements ; les commerciaux couvrent une activité réelle. Le rapport TFF détaille gestionnaires d'actifs et fonds à effet de levier.
- Position nette
- La différence entre positions acheteuses et vendeuses d'une catégorie d'acteurs. Sa variation d'une semaine à l'autre et sa position par rapport à son historique comptent plus que son niveau.
- Positionnement extrêmecrowded trade
- Un pari partagé par la plupart des acteurs, proche de ses records historiques. Il reste rarement durable : à la moindre surprise contraire, les sorties simultanées provoquent un mouvement violent.
- Short squeeze
- La hausse brutale d'un prix provoquée par le rachat forcé des vendeurs à découvert, qui coupent leurs pertes en achetant et nourrissent la hausse qu'ils subissent.
- Sentiment des particuliersretail sentiment
- La répartition acheteurs-vendeurs des clients particuliers d'un courtier. Souvent lue à contre-courant : les particuliers ont tendance à acheter les baisses et à vendre les hausses.
- Flux de fin de moisrebalancing · rééquilibrage
- Les ordres des gérants qui ramènent leurs portefeuilles à leurs pondérations cibles en fin de mois ou de trimestre. Après une forte hausse des actions américaines, ils vendent souvent du dollar au fixing de 16 h.
- Rapatriement de capitaux
- Le retour au pays de capitaux placés à l'étranger, par exemple par les investisseurs japonais en fin d'année fiscale, en mars. Il crée une demande pour la devise nationale.
- Données TIC
- Les statistiques mensuelles du Trésor américain sur les achats et ventes de titres américains par les étrangers. Elles montrent, avec deux mois de retard, qui finance le déficit américain.
- Réserves de changeCOFER
- Les avoirs en devises des banques centrales. Les statistiques COFER du FMI montrent leur répartition : le dollar en représente encore près de 60 %, une part qui recule lentement.
Humeur de marché et intermarchés
Les régimes de marché et les liens entre classes d'actifs.
- Risk-on et risk-off
- Les deux humeurs du marché. En risk-on, les investisseurs achètent les actifs risqués et les devises liées à la croissance (AUD, NZD). En risk-off, ils se replient sur les valeurs refuges : dollar, yen, franc suisse.
- Valeur refugesafe haven
- Un actif recherché en période de stress : le dollar, le yen, le franc suisse ou l'or. Sa hausse en pleine baisse des marchés en est la signature.
- Carry tradeportage
- Emprunter dans une devise à taux bas (longtemps le yen ou le franc suisse) pour placer dans une devise à taux élevé. Rentable tant que le marché est calme, il se déboucle brutalement quand la peur revient.
- Débouclageunwind
- La fermeture massive et rapide de positions semblables, par exemple la sortie collective des carry trades en yen en août 2024. Le mouvement dépasse alors largement ce que justifient les fondamentaux.
- Corrélation
- La mesure, de –1 à +1, de la tendance de deux actifs à évoluer ensemble. Les corrélations changent avec les régimes de marché : celle entre actions et obligations s'est inversée en 2022 avec le retour de l'inflation. Les marchés du jour →
- Régime de marché
- L'environnement dominant qui fixe ce qui fait bouger les prix : croissance, inflation, liquidité, stress. Une même nouvelle peut avoir des effets opposés selon le régime.
- Dollar smile
- L'idée que le dollar monte dans deux situations opposées : quand l'économie américaine surperforme, et quand le monde est en crise et cherche un refuge. Il baisse entre les deux, en période de croissance mondiale synchronisée.
- Exceptionnalisme américain
- La surperformance prolongée de la croissance et des marchés américains, qui attire les capitaux et soutient le dollar. Sa remise en cause est l'un des grands thèmes de change des dernières années.
- Fear & Greedindice de peur et d'avidité
- Un indice composite de l'humeur des investisseurs (volatilité, élan des actions, demande de valeurs refuges, écarts de crédit…), de 0 pour la peur extrême à 100 pour l'avidité extrême.
- Brent et WTI
- Les deux références du pétrole brut : le Brent pour la mer du Nord, référence mondiale, et le WTI pour les États-Unis. Le pétrole pèse sur l'inflation, sur les devises des pays producteurs et sur celles des grands importateurs comme le yen.
- Or
- Un actif sans rendement, recherché comme réserve de valeur. Il évolue souvent à l'inverse des taux réels américains et du dollar, mais les achats des banques centrales ont pesé davantage ces dernières années.
- Risque géopolitique
- Le risque lié aux conflits, sanctions et tensions entre États. Il passe par l'énergie, les routes commerciales et la demande de valeurs refuges ; son effet sur les devises dépend de l'exposition de chaque pays.
- Droits de douanetarifs · guerre commerciale
- Les taxes sur les importations. Elles renchérissent les prix, pèsent sur les exportateurs visés et poussent souvent la devise du pays qui les subit à la baisse, pour compenser une partie du choc.
Analyse technique et lecture du prix
Les outils de lecture du graphique, utiles pour placer une analyse macro dans le temps.
- Chandelier japonaisbougie · OHLC
- La représentation d'un prix sur une période par son ouverture, son plus haut, son plus bas et sa clôture. Le corps relie ouverture et clôture, les mèches montrent les extrêmes.
- Support et résistance
- Des niveaux où le prix a déjà buté à la baisse (support) ou à la hausse (résistance), parce que des ordres s'y concentrent. Un support cassé devient souvent une résistance.
- Tendanceplus hauts croissants
- Une direction durable du prix. Haussière, elle enchaîne des plus hauts et des plus bas de plus en plus hauts ; baissière, l'inverse. Les fondamentaux expliquent souvent les tendances longues.
- Rangeconsolidation · trading range
- Une phase où le prix évolue entre un support et une résistance sans tendance. Fréquente avant une décision de banque centrale, quand le marché attend.
- Cassurebreakout · fausse cassure
- Le franchissement d'un support ou d'une résistance. Une fausse cassure revient rapidement dans le range et piège ceux qui l'ont suivie.
- Retracementpullback · Fibonacci
- Un retour partiel du prix contre sa tendance avant qu'elle ne reprenne. Les niveaux de Fibonacci (38,2 %, 50 %, 61,8 %) servent souvent à estimer sa profondeur.
- Moyenne mobileMA · EMA · SMA · 200 jours
- La moyenne des cours sur une période glissante, simple ou exponentielle. La moyenne à 200 jours sert de repère de tendance de long terme suivi par de nombreux gérants.
- RSIrelative strength index · surachat · survente
- Un oscillateur de 0 à 100 qui compare l'ampleur des hausses et des baisses récentes. Au-dessus de 70, le marché est dit suracheté, sous 30 survendu, ce qui ne suffit pas à annoncer un retournement.
- ATRaverage true range
- L'amplitude moyenne d'un prix sur une période, écarts d'ouverture compris. On s'en sert pour placer un stop en dehors du bruit habituel et adapter la taille de position à la volatilité.
- Profil de volumevolume profile · POC
- La répartition du volume échangé par niveau de prix. Le point de contrôle (POC) marque le prix le plus échangé ; les zones peu échangées sont souvent traversées rapidement.
- VWAP
- Le prix moyen pondéré par les volumes depuis le début de séance. Référence d'exécution pour les institutionnels, il sert de repère d'équilibre intraday.
- Liquidité de marchéprofondeur · carnet d'ordres
- La facilité d'échanger une grande quantité sans faire bouger le prix. Elle se lit dans la profondeur du carnet d'ordres et chute à l'approche des publications, ce qui amplifie les mouvements.
- Gap
- Un saut du prix entre deux cotations, sans échange entre les deux. Sur le Forex, il apparaît surtout à la réouverture du dimanche soir après un événement du week-end ; un stop peut alors être exécuté bien au-delà de son niveau.
- Saisonnalité
- La tendance d'un actif à se comporter d'une certaine façon à certaines périodes de l'année, mesurée sur l'historique. Un indice statistique, jamais une certitude : elle se combine à l'analyse, elle ne la remplace pas.
- Analyse multi-unités de tempsmulti-timeframe · top-down
- Lire un même actif sur plusieurs échelles de temps, du mensuel à l'horaire, pour aligner le contexte de fond et le point d'entrée. Le contexte macro donne la direction, le petit graphique le moment.
Ordres, exécution et coûts
Ce qui se passe entre la décision et la position ouverte.
- Ordre au marchémarket order
- Un ordre exécuté immédiatement au meilleur prix disponible. Certain d'être exécuté, mais pas à un prix garanti, surtout en période de faible liquidité.
- Ordre à cours limitélimit order
- Un ordre d'achat sous le cours ou de vente au-dessus, exécuté seulement si le prix atteint le niveau fixé. Prix garanti, exécution non garantie.
- Stop lossordre stop
- Un ordre qui ferme automatiquement une position quand le prix atteint un niveau de perte décidé à l'avance. Il transforme une perte possible illimitée en perte définie, hors gap.
- Take profit
- Un ordre qui ferme la position quand le prix atteint l'objectif de gain fixé. Avec le stop, il définit le ratio risque-rendement du trade.
- Stop suiveurtrailing stop
- Un stop qui se déplace automatiquement dans le sens du gain, à une distance fixée du prix. Il protège une partie du profit tout en laissant courir la tendance.
- Slippageglissement
- L'écart entre le prix demandé et le prix réellement obtenu. Il apparaît surtout lors des publications et des gaps, et peut aussi jouer en faveur du trader.
- Swap de financementfrais de swap · rollover · triple swap
- Le montant crédité ou débité chaque soir pour garder une position ouverte, fondé sur le différentiel de taux entre les deux devises, moins la marge du courtier. Le mercredi, il est souvent triplé pour couvrir le week-end.
- Effet de levier
- Le rapport entre la taille d'une position et la marge mobilisée. Un levier de 30 contrôle 30 000 euros avec 1 000 euros : gains et pertes sont multipliés d'autant. En Europe, l'ESMA le plafonne à 30 pour les particuliers sur les majeures.
- Margeappel de marge · margin call · stop out
- Le dépôt exigé pour ouvrir et maintenir une position à effet de levier. Si les pertes la grignotent sous un seuil, le courtier lance un appel de marge puis ferme d'office les positions (stop out).
- CFDcontrat sur différence
- Un contrat qui reproduit la variation de prix d'un actif sans le détenir. C'est le produit le plus courant du trading au détail sur le Forex en Europe, encadré par l'ESMA (levier plafonné, protection contre le solde négatif).
- Courtierbroker · ECN · STP · market maker
- L'intermédiaire qui donne accès au marché. Un teneur de marché se porte contrepartie des ordres, un courtier ECN ou STP les transmet à des fournisseurs de liquidité. L'agrément d'un régulateur (AMF, FCA, CySEC) est un critère essentiel.
- Qualité d'exécution
- La capacité d'un courtier à exécuter vite, au prix affiché, sans requotation ni glissement excessif. Elle compte autant que le spread affiché dans le coût réel du trading.
Gestion du risque et performance
Ce qui décide de la survie d'un compte, plus que le choix des trades.
- Ratio risque-rendement (R)risk reward · RR
- Le gain visé divisé par la perte acceptée sur un trade. Mesurer ses résultats en R plutôt qu'en euros permet de comparer des trades de tailles différentes. Le journal de trading →
- Taille de positionposition sizing
- Le volume engagé, calculé à partir du risque accepté et de la distance du stop : risque en euros divisé par (distance en pips × valeur du pip). C'est le principal levier de contrôle du risque.
- Risque par trade
- La part du capital perdue si le stop est touché, en général entre 0,25 % et 1 % pour un trader prudent. Elle conditionne la capacité à traverser une série de pertes.
- Drawdownperte maximale · max drawdown
- La baisse du capital depuis son plus haut. Le drawdown maximal mesure la pire chute subie ; remonter d'une perte de 50 % exige un gain de 100 %.
- Espérance mathématiqueexpectancy
- Le gain moyen attendu par trade : taux de réussite × gain moyen, moins taux d'échec × perte moyenne. Positive, la méthode gagne à long terme ; un taux de réussite élevé ne suffit pas.
- Taux de réussitewin rate
- La part des trades gagnants. Il ne dit rien seul : 30 % de réussite suffit avec des gains trois fois plus grands que les pertes, 70 % ne suffit pas si les pertes sont bien plus grandes.
- Profit factor
- Le total des gains divisé par le total des pertes. Au-dessus de 1, la méthode est gagnante ; la plupart des stratégies robustes se situent entre 1,3 et 2.
- Ratio de Sharpe
- Le rendement excédentaire d'une stratégie divisé par sa volatilité. Il mesure le rendement obtenu par unité de risque et permet de comparer des stratégies d'ampleur différente.
- Risque de ruine
- La probabilité de perdre assez de capital pour ne plus pouvoir continuer, fonction de l'espérance, du risque par trade et de la tolérance de perte. Il chute très vite quand on réduit le risque par trade. Le simulateur →
- Simulation de Monte-Carlo
- La répétition de milliers de séquences de trades tirées au hasard à partir de statistiques réelles. Elle montre la dispersion des résultats possibles, et notamment la probabilité d'un drawdown donné.
- Série de perteslosing streak
- Une suite de trades perdants consécutifs. Même une méthode gagnante à 50 % connaît statistiquement des séries de sept ou huit pertes sur quelques centaines de trades : le risque par trade doit les supporter.
- Exposition corrélée
- Le risque cumulé de plusieurs positions qui dépendent du même facteur, par exemple acheter EUR/USD et GBP/USD, deux paris contre le dollar. Elles se comportent comme une seule position plus grosse.
- Journal de trading
- Le registre de chaque trade : raison, entrée, stop, sortie, résultat, émotions. C'est la base de toute amélioration, parce qu'il remplace l'impression par des statistiques. Le journal en ligne →
- Biais cognitifsbiais de confirmation · aversion à la perte
- Les erreurs de jugement systématiques qui faussent les décisions : biais de confirmation, aversion à la perte, excès de confiance, ancrage. Les connaître ne les supprime pas ; des règles écrites les limitent.
- Revenge trading
- Reprendre une position immédiatement après une perte pour « se refaire », souvent en plus gros. L'une des causes les plus fréquentes de destruction d'un compte.
- Plan de trading
- Le document qui fixe à l'avance les marchés traités, les conditions d'entrée et de sortie, le risque par trade et les limites de perte journalière. Il sert de juge entre deux trades.
Prop firms et comptes financés
Le vocabulaire des évaluations de trading.
- Prop firmsociété de trading pour compte propre · compte financé
- Une société qui confie un capital à un trader après une évaluation payante, en échange d'une part des gains. La règle de perte maximale y est plus déterminante que la performance. Le simulateur prop firm →
- Challengeévaluation · phase 1 · phase 2
- L'épreuve payante pour obtenir un compte financé : atteindre un objectif de gain sans enfreindre les limites de perte, en une ou deux phases. La grande majorité des candidats échoue.
- Perte journalière maximaledaily drawdown
- La perte maximale autorisée sur une journée, souvent 4 ou 5 % du capital initial ou du solde de départ du jour. La franchir, même brièvement, fait perdre le compte.
- Drawdown suiveurtrailing drawdown · drawdown statique
- Une limite de perte qui remonte avec le plus haut du compte, contrairement au drawdown statique fixé sur le capital de départ. Plus exigeante, elle réduit la marge de manœuvre à mesure que l'on gagne.
- Objectif de profitprofit target
- Le gain à atteindre pour valider une phase d'évaluation, souvent 8 à 10 % en phase 1. L'atteindre en prenant trop de risque est la cause la plus fréquente d'échec.
- Règle de cohérenceconsistency rule
- La règle qui limite la part du profit total réalisée sur un seul jour, pour écarter les résultats dus à un coup de chance.
- Partage des gainsprofit split · payout
- La part des profits reversée au trader sur le compte financé, souvent 80 à 90 %, versée à intervalles réguliers.
Ces définitions expliquent des notions ; elles ne constituent pas un conseil en investissement. Le trading sur devises avec effet de levier comporte un risque élevé de perte en capital.

